C'est rare lorsque je pousse un coup de gueule (excusez l'expression) ici
Ce n'est pas vraiment un secret , même si je n'en parle pas cela fait , des mois vais-je dire, qu'une certaine maladie et moi nous livrons un combat acharné et qu'elle fasse bien attention car je n'ai pas dit mon dernier mot!
Je passe donc un certain temps pour ne pas dire un temps certain dans les salles d'attente.Je fréquente de façon très assidue celles de laboratoire d'analyses.
En ayant assez de lire et relire les nouvelles d'il y a trois ans négligemment posées sur la table basse je n'oublie jamais mes écouteurs et passe ce moment très souvent en compagnie de Jean Sébastien ou Wolfang.
L'autre jour j'avais pris la place du cancre à côté du radiateur,le soleil chuchotait avec mes mollets ,bercée par la musique je me suis endormie .
Un désespéré "Madame N "me réveilla ,un peu hébétée je suivais la technicienne, anxieuse ,car certaine de ce qui allait survenir.
Je m'installais sur le fauteuil violet à l'allure électrique, bien que le violet soit la couleur de la douceur et du rêve.Le violet a dit-on des vertus apaisantes sur les esprits ; il permet de calmer certaines émotions, de réfréner des colères ou des angoisses…
Juste ce qu'il me fallait.
De surcroît je dirais que la couleur tirait davantage sur le mauve ,cette nuance, accentuerait encore plus ce côté rassurant et serein,.c'est donc dans cet esprit que je retroussais ma manche expliquant à cette personne en pesant mes mots que mes veines étaient trompeuses mais qu'il y en avait une qui était généreuse et bien sage.
Je n'osais pas lui rappeler que la fois précédente elle était restée désespérément à regarder un tube ne pas se remplir jusqu'à ce que je suggère qu'on trouve une solution plutôt que de s'acharner
Je ne dois pas m'expliquer clairement car une nouvelle fois ce fut l'échec
Je m'entends encore dire "Ah vraiment mes veines vous jouent de sacrés tours,elles ne sont pas gentilles avec vous"
Alors que je mourrais d'envie de lui dire "vous êtes nulle ,faites donc autre chose",mais on ne se refait pas ,cette pauvre femme me fait pitié,avec ses problèmes de peau ,et j'imagine que bien souvent elle doit subir le regard blessant de certaines personnes,je soupçonne même une ancienne addiction ,qui a laissé des traces de couperose sur ses joues et cette rougeur caractéristique des paumes de la main.
Vous allez me dire mais tu n'es pas logique avec toi même et c'est quoi ton ras le bol?
Mon ras le bol c'est de ne pas avoir été capable de dire lorsque cette personne m'a appelée "je préférerais quelqu'un d'autre car la dernière fois vous n'êtes pas arrivée à me piquer",et au fond de moi je sais ce que je pense "il ne faut pas se tromper de victime je me passerais volontiers de tous ces examens et je ne les subis pas en vue d'une chirurgie esthétique "
Mon ras le bol c'est aussi que cette personne qui m'a forcément reconnue n'ai pas eu elle aussi le courage de dire "oh je vais vous laisser entre les mains de quelqu'un d'autre".
Aussi pour me calmer l'après-midi je suis allée rendre visite à ma fontaine
préférée,
il est dit que les rêves de fontaine ont certaines significations ,rêver d'une fontaine
ce serait l'envie d'un repos salutaire , rêver de l'eau jaillissante d'une fontaine
ce serait la joie,le dynamisme ,l'enthousiasme..
Et puis plus tard je suis allée chercher un peu d'orange ,
cette couleur tonifiante et piquante
qui insufflerait partout où elle passe une dose de bonne humeur
elle serait porteuse d'optimisme et d'ouverture d'esprit
Ce serait aussi la couleur du dynamisme ,et c'est ainsi que j'aime me voir
J'y ai rajouté une touche de mauve
Afin d'être sûre de réfréner mes colères
Et là je n'ai voulu voir que le mauve j'ai fait abstraction du gris qui serait associé à la tristesse et à la solitude et représenté par les souris ou la poussière.Je déteste les premières et suis allergique à la seconde.
Je n'ai retenu du gris que la sobriété et l'élégance et j'ai pris du doré le meilleur de lui ,réchauffer le coeur et l'esprit ,j'ai laissé le faste la cupidité et le kitch aux autres
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jeudi 21 février 2013
mardi 17 avril 2012
PROMENADE PARISIENNE
Il y a longtemps que je ne nous ai pas amenés vous promener dans Paris.
Je suis très égoïste car cela fait un bon mois que je déambule dans un quartier où j'allais peu le XVIIIème et le XXéme
Je ne sais pas pourquoi je n'y suis pas allée plus tôt alors qu'il me suffit de prendre le 69 (bus) en bas de chez moi ,mais vraiment en bas de chez moi ,il me suffit de faire deux pas,et trente minutes après je suis ailleurs,un autre Paris qui a un charme fou.
De Charonne à la rue des Vignoles j'ai beaucoup sillonné et encore je n'ai pas tout découvert
Vous êtes prêts?
C'est parti
L'église de Charonne
et son charmant cimetière qui abrite les tombes des deux fils d'André Malraux.
Pas très loin de là se trouve la place des Grès là j'ai eu une chance incroyable alors que j'épiais derrière une grille,de charmantes personnes m'ont donné la permission d'entrer et de prendre en photo cette chapelle
devenue habitation!
Je vous l'ai dit j'ai déambulé de ruelles
en ruelles bordées de boutiques désuètes mais si charmantes
C'était mon jour de chance les grilles de la villa Riberolle étaient ouvertes ces bâtiments du XIXème ont été reconvertis pour certains en ateliers d'artistes,mais dans l'allée à l'atmosphère nostalgique on découvre garage,atelier,
entrepôt de mobilier
Nous sommes juste derrière le Père Lachaise.
A force de tournicoter je suis arrivée rue des Vignoles ,dont le b est tombé aux oubliettes ,alors qu'elle n'était que chemin elle était bordée de vignes et elle est encore truffée d'impasses
aux maisons comme aplaties
Je ne saurais trop vous conseiller lors d'un séjour parisien de poser vos valises ici.
Mais si ,mais si, c'est possible car j'y ai découvert une maison d'hôtes et avec un peu de chance comme moi la grille au bout de l'impasse s'ouvrira sur cette délicieuse maison
Un peu plus loin nous avons pu discuter (j'étais avec une amie) avec un monsieur charmant.
Il m'a demandé si je regardais la télévision,vous le savez c'est NON ,il m'a dit que j'avais raison!et m'a glissé qu'il avait été interviewé,
Maintenant vous savez tout ou presque sur ce quartier
A mon avis pas tout j'ai encore quelques endroits dans ma musette
Mais ce sera pour un peu plus tard
Je suis très égoïste car cela fait un bon mois que je déambule dans un quartier où j'allais peu le XVIIIème et le XXéme
Je ne sais pas pourquoi je n'y suis pas allée plus tôt alors qu'il me suffit de prendre le 69 (bus) en bas de chez moi ,mais vraiment en bas de chez moi ,il me suffit de faire deux pas,et trente minutes après je suis ailleurs,un autre Paris qui a un charme fou.
De Charonne à la rue des Vignoles j'ai beaucoup sillonné et encore je n'ai pas tout découvert
Vous êtes prêts?
C'est parti
L'église de Charonne
et son charmant cimetière qui abrite les tombes des deux fils d'André Malraux.
Pas très loin de là se trouve la place des Grès là j'ai eu une chance incroyable alors que j'épiais derrière une grille,de charmantes personnes m'ont donné la permission d'entrer et de prendre en photo cette chapelle
devenue habitation!
Je vous l'ai dit j'ai déambulé de ruelles
en ruelles bordées de boutiques désuètes mais si charmantes
C'était mon jour de chance les grilles de la villa Riberolle étaient ouvertes ces bâtiments du XIXème ont été reconvertis pour certains en ateliers d'artistes,mais dans l'allée à l'atmosphère nostalgique on découvre garage,atelier,
entrepôt de mobilier
Nous sommes juste derrière le Père Lachaise.
A force de tournicoter je suis arrivée rue des Vignoles ,dont le b est tombé aux oubliettes ,alors qu'elle n'était que chemin elle était bordée de vignes et elle est encore truffée d'impasses
aux maisons comme aplaties
Je ne saurais trop vous conseiller lors d'un séjour parisien de poser vos valises ici.
Mais si ,mais si, c'est possible car j'y ai découvert une maison d'hôtes et avec un peu de chance comme moi la grille au bout de l'impasse s'ouvrira sur cette délicieuse maison
Un peu plus loin nous avons pu discuter (j'étais avec une amie) avec un monsieur charmant.
Il m'a demandé si je regardais la télévision,vous le savez c'est NON ,il m'a dit que j'avais raison!et m'a glissé qu'il avait été interviewé,
Maintenant vous savez tout ou presque sur ce quartier
A mon avis pas tout j'ai encore quelques endroits dans ma musette
Mais ce sera pour un peu plus tard
samedi 14 avril 2012
LA PHOTO DE LA SEMAINE
De quel Louvre vais-je parler aujourd'hui?
Le Louvre de la Renaissance
En 1527 François 1er,rentrant de captivité s'engagea à habiter Paris qui avait payé la majeure partie de sa rançon;il apporta donc de sérieuses modifications au Louvre,tant pour le restaurer que pour le moderniser.Il fit construire au-delà de l'avant-cour extérieure (le jardin de l'Infante)un quai de quarante mètres de large,devenu depuis notre quai du Louvre (que l'on voit ici);il fit raser le donjon,construction vieillie,encombrante et qui arrêtait la lumière,et combler son fossé.Enfin il condamna l'entrée principale située au sud,ne conservant que la poterne côté Paris.
Il est vraisemblable que cette dernière décision fut lourde de conséquence pour l'avenir de la capitale,car elle a déterminé l'emplacement de la porte d'honneur du Louvre de Louis XIV,entraîné la construction de la colonnade de Perrault,fixé l'axe du futur Paris et amorcé la prestigieuse voie triomphale qui s'étend actuellement jusqu'au rond-point de la Défense.
C'est dans ce Louvre ainsi restauré et modernisé que François 1er reçut le 1er janvier 1540 Charles Quint qui y a séjourné environ une semaine pendant laquelle la cour était éclairée la nuit par une torchère à chaque angle et par un grand flambeau que portait une gigantesque statue de Vulcain édifiée au centre
Sources Connaissance du vieux Paris
Voila une nouvelle
d'après Amartia
samedi 7 avril 2012
LA PHOTO DE LA SEMAINE
La grande horloge du Musée d'Orsay laissant entrevoir un peu du Louvre
Le musée d'Orsay se situe à l'emplacement du palais d'Orsay qui abritait la Cour des comptes et le Conseil d'Etat.
Ravagé par le feu en mai 1871 pendant les heures tragiques de la Commune,les murs ruinés restèrent tels quels,pendant trente ans.
En 1898 on décide de détruire les vestiges du palais brûlé pour construire une nouvelle gare.(Exposition universelle de 1900.)
Nombreux seront les détracteurs du projet de la création de cette gare en raison de sa proximité avec le palais du Louvre.Aussi ,Victor Laloux,architecte de la gare d'Orsay décide-t-il de parer à toutes ces attaques en masquant la structure métallique par une façade de pierre de taille ouvrant sur la Seine.
De 1900 à 1939 cette gare joue un rôle considérable comme point de départ vers le Sud-Ouest.Puis avec l'électrification progressive,l'utilisation en devient de plus en plus difficile et les quais étant trop courts le trafic est abandonné en 1939.
Pendant la guerre elle abritera le service d'expédition pour colis aux prisonniers puis deviendra centre d’accueil de ces derniers.
Orson Welles la choisira comme décor pour son film Le Procès et plusieurs cinéastes l'utiliseront comme décor de films.
La compagnie du théâtre Renaud-Barrault y dresse son chapiteau ,elle servira aussi d'hôtel des ventes en attendant le construction du nouveau Drouot inauguré en 1980.
Les violentes polémiques qui avaient heurté les Français à propos de la démolition des Halles de Baltard avaient eu pour conséquence de sensibiliser l'opinion publique sur l'architecture industrielle du XIXè siècle,témoin d'une époque,d'une esthétique,d'une révolution technique et d'une nouvelle architecture.En 1978 l'ensemble des bâtiments de la gare et de l'ancien hôtel sont classés donc sauvés.Dès 1977 un projet de la direction des musées de France suggère de transformer le lieu en musée.En 1986 le musée d'Orsay ouvre ses portes.
Le projet d’architecture intérieure s'est développé en fonction du programme muséographique et le parcours général du misée a été réalisé en utilisant le bâtiment dans le sens longitudinal afin de mettre la grande nef en valeur .
De nouveaux travaux se sont terminés à l'automne dernier donnant le jour à un magnifique espace entièrement dédié à l'Impressionnisme
Je vous laisse découvrir ,redécouvrir Orsay vous comprendrez peut-être pourquoi je m'y rends chaque semaine
Orsay c'est un esprit
C'était la photo de la semaine
que l'on doit à Amartia
Sources Paris éditions Arthaud
dimanche 11 mars 2012
EXPOSITION ET LIVRE
Vous dire que j'ai une prédilection pour la période Impressionniste vous surprendrai-il?
Je ne le pense pas.
Vous dire que j'ai déjà vu l'exposition consacrée à Berthe Morisot vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Vous dire que certaines ici ou ailleurs vous content leurs visites d'exposition beaucoup mieux que moi vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Bon et alors?
Voila c'est ce que vous vous dites in petto.
Je retournais dans ma tête depuis que j'ai vu cette exposition comment vous en parler,imaginez près de cent cinquante tableaux lorsque hier je trouvais la solution.
J'avais il y a quelques temps en faisant des recherches sur Mallarmé lu des extraits du Journal de Julie Manet.
J'avais été charmée par le style simple de ce journal dans l'esprit de ce qu'en écrivait Berthe Morisot à sa soeur Edma en 1884:
" C'est une heureuse idée d'écrire journellement sa pensée,rien ne forme davantage le style.Et n'entends pas par là l'habitude de bien tourner ses phrases mais de chercher à exprimer sa pensée.Il me semble même qu'on devrait être très indulgent,accepter toutes les incorrections pourvu que le sentiment fût vrai,les idées individuelles"
J'ai essayé de me le procurer j'ai cherché sur internet les prix affichés me faisant réfléchir.
Et puis samedi me rendant chez un marchand de livres d'art chez lequel je rêve souvent,espérant y trouver le catalogue de l'exposition Berthe Morisot à Lodève en 2006,que vois-je qui me tendait les bras en vitrine?
Le libraire l'avait "rentré" le matin!
Le prix étant "convenable" je ne pouvais résister.
C'est un pur bonheur,agrémenté d'illustrations
et de photos anciennes.
Vous imaginez à quoi j'ai consacré ma soirée de samedi...
En date du 4 mars 1896 ,treize pages retracent la rétrospective Berthe Morisot chez Durand-Ruel,organisée par Monet,Renoir ,Degas et Mallarmé.
"Nous pensons avec M. Renoir que M. Mallarmé fera une très jolie préface au catalogue,que lui,mieux que personne,pourra parler surtout de la vie de la femme qu'était maman"
C'est à travers Julie Manet que je vais vous parler de temps en temps de cette exposition consacrée à Berthe Morisot.
Ponctuée parfois d'anecdotes comme celle-ci:
"A la fin de la journée on se demande comment tout sera prêt pour le lendemain et on prend rendez-vous pour le matin; mais il faut décider si on mettra le paravent avec les dessins et les aquarelles au milieu de la grande salle ou dans celle du fond.
M. Degas est le seul à vouloir que le paravent reste dans la grande salle qu'il coupe et on manque de recul pour voir les grands tableaux...et puis d'autres plus petits qui sont d'une si jolie harmonie de ton à voir de loin les uns à côté des autres.M. Degas ne veut pas entendre parler d'ensemble:"Il n'y a pas d'ensemble,dit-il ce sont les imbéciles qui voient un ensemble;qu'est ce que ça veut dire quand on met dans un journal:l'impression générale du Salon de cette année est bien meilleure que celle de la précédente?"
Vers six heures,lorsque la nuit tombe que seuls les tableaux gardent quelques rayons de lumière qui les éclaire,que tous ces portraits de jeunes filles sont de plus en plus vivants et que le paravent paraît encore plus une muraille,M.Monet demande à M.Degas de vouloir bien essayer demain matin ce fameux paravent dans la salle du fond,mais M.Degas prétend qu'on ne verra plus les dessins qui seront dessus""Ces dessins sont superbes je les estime autant que tous ces tableaux.""Le paravent dans la salle des dessins donne un air intime à cette pièce qui est charmant"dit M.Mallarmé." Cela déroutera le public de voir les dessins au milieu de la peinture""Est-ce que je m'occupe du public?Il n'y voit rien,c'est pour moi,pour vous que nous faisons cette exposition,vous ne voulez pas apprendre au public à voir?" crie M.Degas"Eh bien si,réplique M.Monet,nous voulons essayer.Si nous faisions cette exposition uniquement pour nous,ce ne serait pas la peine d'accrocher tous ces tableaux nous pourrions les regarder simplement par terre."Pendant cette discussion M.Renoir nous dit qu'il lui faut le pouf au milieu de la salle;il est en effet agréable de pouvoir s'asseoir et regarder.M.Degas ne l'admet pas:"Je resterais treize heures de suite sur les pieds
s'il le fallait ."Il fait nuit,tout en parlant M.Degas marche de travers,va et vient avec son grand manteau à pèlerine et son chapeau haut-de-forme,sa silhouette est très amusante;M.Monet debout parle fort,M.Mallarmé avançant une main veut arranger les choses et parle avec la douceur qui lui est habituelle.M.Renoir éreinté est échoué sur une chaise.Les hommes de Durand-Ruel rient,"Il ne lâchera pas",disent-ils..."Vous voulez me faire enlever ce paravent que j'adore"dit M.Degas en appuyant sur le dernier mot .
"Nous adorons Mme Manet reprend M.Monet,il ne s'agit pas d'un paravent mais de l'exposition de Mme Manet.Voyons dites que nous essaierons demain le paravent dans l'autre salle." "Si vous m'assurez que c'est votre opinion,que cette pièce est mieux sans." "Oui c'est mon opinion." Mais ce n'est pas fini les discussions recommencent;tout à coup M.Degas nous tend la main à Jeannie et à moi et s'en va vers la porte;Monet le retient et ils se donnent des poignées de main;M.Mallarmé hasarde le mot de pouf,alors comme un coup de foudre M.Degas s'en va en courant dans le petit couloir,la porte se referme,il est parti,on se quitte un peu ahuri."
J'arrive à neuf heures chez Durand-Ruel,il n'y a que les hommes qui balaient les salles.Je reprends mon travail de numérotage des tableaux;puis M.Monet et M.Renoir ne tardent pas à être là "Degas ne viendra pas,dit M.Renoir,il sera là dans la journée à clouer au haut d'une échelle et dira:ne pourrait-on pas mettre une corde à la porte pour empêcher d'entrer,je le connais."En effet,pas de M.Degas de toute la matinée.On se décide à mettre le paravent dans la salle du fond et on accroche les aquarelles et les dessins dessus.Enfin tout est prêt et admirablement arrangé,cette exposition est une merveille.
J'espère que cela ne vous a pas semblé trop long mais je ne suis pas arrivée à me résoudre à couper ce texte.
Je voudrais tout de même avant de fermer cette longue page vous montrer un des tableaux que j'ai beaucoup aimés
Je ne le pense pas.
Vous dire que j'ai déjà vu l'exposition consacrée à Berthe Morisot vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Vous dire que certaines ici ou ailleurs vous content leurs visites d'exposition beaucoup mieux que moi vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Bon et alors?
Voila c'est ce que vous vous dites in petto.
Je retournais dans ma tête depuis que j'ai vu cette exposition comment vous en parler,imaginez près de cent cinquante tableaux lorsque hier je trouvais la solution.
J'avais il y a quelques temps en faisant des recherches sur Mallarmé lu des extraits du Journal de Julie Manet.
J'avais été charmée par le style simple de ce journal dans l'esprit de ce qu'en écrivait Berthe Morisot à sa soeur Edma en 1884:
" C'est une heureuse idée d'écrire journellement sa pensée,rien ne forme davantage le style.Et n'entends pas par là l'habitude de bien tourner ses phrases mais de chercher à exprimer sa pensée.Il me semble même qu'on devrait être très indulgent,accepter toutes les incorrections pourvu que le sentiment fût vrai,les idées individuelles"
J'ai essayé de me le procurer j'ai cherché sur internet les prix affichés me faisant réfléchir.
Et puis samedi me rendant chez un marchand de livres d'art chez lequel je rêve souvent,espérant y trouver le catalogue de l'exposition Berthe Morisot à Lodève en 2006,que vois-je qui me tendait les bras en vitrine?
Le libraire l'avait "rentré" le matin!
Le prix étant "convenable" je ne pouvais résister.
C'est un pur bonheur,agrémenté d'illustrations
et de photos anciennes.
Vous imaginez à quoi j'ai consacré ma soirée de samedi...
En date du 4 mars 1896 ,treize pages retracent la rétrospective Berthe Morisot chez Durand-Ruel,organisée par Monet,Renoir ,Degas et Mallarmé.
"Nous pensons avec M. Renoir que M. Mallarmé fera une très jolie préface au catalogue,que lui,mieux que personne,pourra parler surtout de la vie de la femme qu'était maman"
C'est à travers Julie Manet que je vais vous parler de temps en temps de cette exposition consacrée à Berthe Morisot.
Ponctuée parfois d'anecdotes comme celle-ci:
"A la fin de la journée on se demande comment tout sera prêt pour le lendemain et on prend rendez-vous pour le matin; mais il faut décider si on mettra le paravent avec les dessins et les aquarelles au milieu de la grande salle ou dans celle du fond.
M. Degas est le seul à vouloir que le paravent reste dans la grande salle qu'il coupe et on manque de recul pour voir les grands tableaux...et puis d'autres plus petits qui sont d'une si jolie harmonie de ton à voir de loin les uns à côté des autres.M. Degas ne veut pas entendre parler d'ensemble:"Il n'y a pas d'ensemble,dit-il ce sont les imbéciles qui voient un ensemble;qu'est ce que ça veut dire quand on met dans un journal:l'impression générale du Salon de cette année est bien meilleure que celle de la précédente?"
Vers six heures,lorsque la nuit tombe que seuls les tableaux gardent quelques rayons de lumière qui les éclaire,que tous ces portraits de jeunes filles sont de plus en plus vivants et que le paravent paraît encore plus une muraille,M.Monet demande à M.Degas de vouloir bien essayer demain matin ce fameux paravent dans la salle du fond,mais M.Degas prétend qu'on ne verra plus les dessins qui seront dessus""Ces dessins sont superbes je les estime autant que tous ces tableaux.""Le paravent dans la salle des dessins donne un air intime à cette pièce qui est charmant"dit M.Mallarmé." Cela déroutera le public de voir les dessins au milieu de la peinture""Est-ce que je m'occupe du public?Il n'y voit rien,c'est pour moi,pour vous que nous faisons cette exposition,vous ne voulez pas apprendre au public à voir?" crie M.Degas"Eh bien si,réplique M.Monet,nous voulons essayer.Si nous faisions cette exposition uniquement pour nous,ce ne serait pas la peine d'accrocher tous ces tableaux nous pourrions les regarder simplement par terre."Pendant cette discussion M.Renoir nous dit qu'il lui faut le pouf au milieu de la salle;il est en effet agréable de pouvoir s'asseoir et regarder.M.Degas ne l'admet pas:"Je resterais treize heures de suite sur les pieds
s'il le fallait ."Il fait nuit,tout en parlant M.Degas marche de travers,va et vient avec son grand manteau à pèlerine et son chapeau haut-de-forme,sa silhouette est très amusante;M.Monet debout parle fort,M.Mallarmé avançant une main veut arranger les choses et parle avec la douceur qui lui est habituelle.M.Renoir éreinté est échoué sur une chaise.Les hommes de Durand-Ruel rient,"Il ne lâchera pas",disent-ils..."Vous voulez me faire enlever ce paravent que j'adore"dit M.Degas en appuyant sur le dernier mot .
"Nous adorons Mme Manet reprend M.Monet,il ne s'agit pas d'un paravent mais de l'exposition de Mme Manet.Voyons dites que nous essaierons demain le paravent dans l'autre salle." "Si vous m'assurez que c'est votre opinion,que cette pièce est mieux sans." "Oui c'est mon opinion." Mais ce n'est pas fini les discussions recommencent;tout à coup M.Degas nous tend la main à Jeannie et à moi et s'en va vers la porte;Monet le retient et ils se donnent des poignées de main;M.Mallarmé hasarde le mot de pouf,alors comme un coup de foudre M.Degas s'en va en courant dans le petit couloir,la porte se referme,il est parti,on se quitte un peu ahuri."
J'arrive à neuf heures chez Durand-Ruel,il n'y a que les hommes qui balaient les salles.Je reprends mon travail de numérotage des tableaux;puis M.Monet et M.Renoir ne tardent pas à être là "Degas ne viendra pas,dit M.Renoir,il sera là dans la journée à clouer au haut d'une échelle et dira:ne pourrait-on pas mettre une corde à la porte pour empêcher d'entrer,je le connais."En effet,pas de M.Degas de toute la matinée.On se décide à mettre le paravent dans la salle du fond et on accroche les aquarelles et les dessins dessus.Enfin tout est prêt et admirablement arrangé,cette exposition est une merveille.
J'espère que cela ne vous a pas semblé trop long mais je ne suis pas arrivée à me résoudre à couper ce texte.
Je voudrais tout de même avant de fermer cette longue page vous montrer un des tableaux que j'ai beaucoup aimés
La Fable
"Dans le jardin de Bougival,Pasie en bleu clair assise sur un banc,un panier à ouvrage à côté d'elle ,et devant,assise sur un pliant sur le fond de fleurs Bibi de dos avec sa tête blonde;ce tableau est une merveille,celui-là aussi était roulé et caché dans une armoire."
Julie Manet (1878-1966) fille de Berthe Morisot (1841-1895) et Eugène Manet( 1834-1892) (frère d'Edouard Manet)
Jeannie Gobillard (1877-1970),fille de Yves Morisot (la soeur de Berthe Morisot) et Théodore Gobillard.
Elle épousera Paul Valéry.
Bibi était le surnom que donnait Berthe Morisot à sa fille Julie
Julie,orpheline a 17 ans et ses deux cousines Jeannie et Paule également orphelines vivront seules avec une cuisinière recommandée par Mallarmé (tuteur de Julie) au 40 de la rue Villejust à Paris aujourd'hui rue Paul Valéry
jeudi 23 février 2012
SAINT ETIENNE DU MONT (1)
Jusqu'au début du XIIIème siècle,les serviteurs de l'abbaye de Sainte Geneviève et les fermiers qui cultivaient les champs,les vergers et le vignoble de la montagne Saint Geneviève n'avaient pas d'église paroissiale.
La population ne cessant de croître en 1222 le pape Honorius III accorda la permission de construire une église et les travaux débutèrent peu de temps après.
Cette petite église dédiée à Saint Etienne fut construite sur le flanc nord de l'église abbatiale
approximativement sur l'emplacement de l'actuelle nef.
Les marguilliers réclamaient une église plus grande .
En 1492 la permission de construire est accordée.
Vers 1494 les parties basses de la tour sont achevées.
En 1500 deux cloches sont livrées.
Le clocher s'élève à cinquante mètres de hauteur,sa partie inférieure date du début de la construction (1492) le reste de 1624.
Contre lui est accolée une étroite tourelle contenant l'escalier à vis permettant d'accéder au lanternon ajouré qui dominant le clocher contient la cloche de l'horloge
Vers 1521 la construction est interrompue pour une décennie.Elle reprend dans le choeur en 1530 sous la direction de Nicolas Beaucorps.En 1540 Antoine Beaucorps et Pierre Merlin voûtent le choeur.
avec ses deux escaliers à vis a été commencé vers 1530 par un maître non identifié
achevé en 1545 quand Pierre Nicolle est désigné pour terminer la clôture du choeur et faire les balustrades de la coursière.
Ce ne fut qu'en 1626 que l'église fut consacrée.
Une construction très lente donc ,aussi si son ensemble appartient au style gothique flamboyant sa façade est d'inspiration Renaissance
Saint-Etienne du Mont est la seule église de Paris qui ait conservé son jubé,il a échappé aux destructions du XVIII ème siècle qui ont fait disparaître ceux de Notre- Dame,Saint- Merri, Saint-Germain l'Auxerrois...
Premier mot du latin « Jube domine benedicere » formule liturgique qui veut dire « Daignez Seigneur nous bénir » adressée au célébrant par le diacre avant de proclamer l’Evangile. La construction des jubés remonte au Moyen Age, ils séparaient la nef, où se tenaient les fidèles, du chœur réservé au clergé.
Clôture très ornée séparant le choeur de la nef et surmontée d'une galerie. Apparaît à la fin du XIIème siècle et disparaît au XVIIème.
Guide du Patrimoine Paris
Connaissance du vieux Paris
Eglise catholique
Un peu plus tard nous nous nous attarderons sur sa façade, à l'intérieur, dans le déambulatoire,nous admirerons les vitraux,mais il faut attendre que les vacances soient terminées car actuellement il y a trop de monde et qu'un beau soleil nous accompagne
dimanche 22 janvier 2012
JE PICORE ENCORE
Le mois de janvier est toujours un mois très chargé,réunions en veux-tu en voila, cérémonies des voeux et galettes à satiété aussi pas vraiment le temps de faire ces promenades comme je les aime l'hiver à éplucher tout un quartier,et pourtant j'en aurais bien besoin et vous aussi!
Son billet plein de poésie m'avait donné envie de revoir le Musée Carnavalet et plus particulièrement la galerie Sévigné.
Il faut croire que vraiment janvier n'est que contrariété,car hier après-midi où j'avais trouvé un petit moment,la galerie était fermée pour manque de personnel!!!
Et puis il faut bien être un peu débile pour aller au musée un samedi,il n'y a que moi pour faire cela,comme si je n'aurais pas pu glisser cela en semaine à l'heure du déjeuner!!
Vous dire qu'il y avait du monde:un doux euphémisme!
J'ai bien réussi à prendre quelques photos tout de même
Mon idée était de continuer vers le musée Cognacq-Jay ou Hôtel de Donon.
C'était sans compter sur la succursale de cette pâtisserie et ses célèbres gaufres au coin de la rue suivante
Une pause s'imposa.Et elle dura......
C'est à la nuit sous un léger crachin que je ressortais.
Il allait alors falloir essayer de retrouver mon véhicule garé au diable vauvert dans une rue dont je n'avais pas pris la précaution de noter le nom!!!
J'avais tout de même une vague idée aussi je rebroussais chemin afin de rejoindre la rue Pavée où se trouve l'Hôtel d'Angoulême devenu de Lamoignon.
Construit vers 1562 pour l'abbé de Pisselieu ,cette demeure passe à Bodin de Montguichet qui le vend à Diane de France duchesse d'Angoulême.
En 1568 Guillaume de Lamoigon devient locataire de l'hôtel ,il tenait chez lui chaque semaine un salon que fréquentaient Racine,Bourdaloue,Boileau...
Son fils racheta l'hôtel en 1688
C'est depuis 1968 le siège de la Bibliothèque historique
Et pour terminer des nouvelles toutes fraîches de Frédérique Deghelt arrivées dans ma boîte en milieu de journée .
L'adaptation de son livre La vie d'une autre sera sur les écrans à partir du 15 février,une réalisatrice a mis une option sur les droits de La Nonne et le brigand,ce qui a donné lieu à une collaboration pour un nouvel opus créatif.
Le 7 mars paraîtra un court roman Un pur Hasard aux Editions du moteur ,et enfin un autre roman verra bientôt le jour aux Editions Actes Sud
J'allais oublier une très belle découverte en fin de journée lors d'un concert,celle de Adrien Cassel
et de son concerto Madness et Salvation superbement interprété par Natacha Triadou
et l'Orchestre Philharmonique du Pays de Fontainebleau
Je ne suis pas mécontente de voir se terminer cette semaine et son rythme endiablé
Son billet plein de poésie m'avait donné envie de revoir le Musée Carnavalet et plus particulièrement la galerie Sévigné.
Il faut croire que vraiment janvier n'est que contrariété,car hier après-midi où j'avais trouvé un petit moment,la galerie était fermée pour manque de personnel!!!
Et puis il faut bien être un peu débile pour aller au musée un samedi,il n'y a que moi pour faire cela,comme si je n'aurais pas pu glisser cela en semaine à l'heure du déjeuner!!
Vous dire qu'il y avait du monde:un doux euphémisme!
J'ai bien réussi à prendre quelques photos tout de même
En sortant du musée je me proposais de me rendre au square Georges Cain ancien conservateur du musée, afin d'essayer d'entendre Le Rossignol de Heinz
une création sonore d'Erik Samakh. Un appareil informatique MMA (module acoustique, autonome) alimenté par capteur solaire analyse les paramètres climatiques qui influent sur le comportement d'un oiseau, et commande un lecteur de disque compact qui diffuse le chant d'un rossignol philomèle, enregistré au château de Sauvigny en mai 1990.
Sources Wikipédia
J'ai eu beau tendre l'oreille pas un son,il faut dire,que le soleil n'était pas très présent hier.
En sortant du square je vis les portes de cet hôtel particulier s'ouvrir.Non non ne rêvez pas comme je me suis surprise à le faire un instant, pas moyen de voir quoi que ce soit de cet hôtel dont la construction remonte on pense à la fin du XVIème,il eut de nombreux propriétaires et locataires dont Madame de Lude, Florent d'Argouges propriétaire de l'Hôtel de Marle actuel Centre Culturel Suédois,et un bronzier d'art H Renon.
Je vous ferai grâce de la vue de la façade d'un jaune hideux ...
Mon idée était de continuer vers le musée Cognacq-Jay ou Hôtel de Donon.
C'était sans compter sur la succursale de cette pâtisserie et ses célèbres gaufres au coin de la rue suivante
Une pause s'imposa.Et elle dura......
C'est à la nuit sous un léger crachin que je ressortais.
Il allait alors falloir essayer de retrouver mon véhicule garé au diable vauvert dans une rue dont je n'avais pas pris la précaution de noter le nom!!!
J'avais tout de même une vague idée aussi je rebroussais chemin afin de rejoindre la rue Pavée où se trouve l'Hôtel d'Angoulême devenu de Lamoignon.
Construit vers 1562 pour l'abbé de Pisselieu ,cette demeure passe à Bodin de Montguichet qui le vend à Diane de France duchesse d'Angoulême.
En 1568 Guillaume de Lamoigon devient locataire de l'hôtel ,il tenait chez lui chaque semaine un salon que fréquentaient Racine,Bourdaloue,Boileau...
Son fils racheta l'hôtel en 1688
C'est depuis 1968 le siège de la Bibliothèque historique
Et pour terminer des nouvelles toutes fraîches de Frédérique Deghelt arrivées dans ma boîte en milieu de journée .
L'adaptation de son livre La vie d'une autre sera sur les écrans à partir du 15 février,une réalisatrice a mis une option sur les droits de La Nonne et le brigand,ce qui a donné lieu à une collaboration pour un nouvel opus créatif.
Le 7 mars paraîtra un court roman Un pur Hasard aux Editions du moteur ,et enfin un autre roman verra bientôt le jour aux Editions Actes Sud
J'allais oublier une très belle découverte en fin de journée lors d'un concert,celle de Adrien Cassel
et de son concerto Madness et Salvation superbement interprété par Natacha Triadou
et l'Orchestre Philharmonique du Pays de Fontainebleau
Je ne suis pas mécontente de voir se terminer cette semaine et son rythme endiablé
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