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mardi 9 juillet 2013

ENTRE LIBELLULE ET DEMOISELLE

J'ai un peu le sentiment de jouer au chat et à la souris avec le monde des blogs actuellement.
Il est des périodes ainsi,de jeux de traque,je crois qu'il est bon de prendre les choses comme elles viennent.
A cette période où d'aucuns sont en vacances ,c'est le moment où je suis le plus occupée où je dois préparer la future rentrée et veiller à ce que tout se déroule pour le mieux.
Je fais des allées et venues entre notre Lot et Paris ,deux jours ici,quatre jours là bas,selon mes disponibilités.
La semaine passée je suis allée faire une balade dans  un endroit où je ne m'étais pas rendue depuis plus de dix ans,en fait j'étais partie pour découvrir un point de vue dont m'avait parlé un ami la veille lors d'une soirée.
Au détour d'un chemin où je m'étais un peu perdue je l'avoue je me trouvais nez à nez avec une personne de ma connaissance ,de ces personnes que l'on croise chaque année dans nos soirées lotoises avec lesquelles on passe de bons moments mais dont on ne sait pas grand chose en fait .
Je lui faisais part de mon souhait de me rendre au lieu-dit "la ferme" elle m'en dissuada me disant que des chiens peu amicaux rodaient dans ce coin mais que si j'avais envie de finir la soirée aux urgences libre à moi.
Je pris alors un autre chemin qui m'amena à longer le ruisseau de Fenouil.Ce fut un bel échange que celui de troquer les chiens peu amènes contre libellules et demoiselles.
Mais que ces jeunes filles sont difficiles à photographier,elles avaient  le chic pour se mettre dans des endroits où je me retrouvais dans des situations acrobatiques ,aussi prendre une photo sans trembler relevait de l'exploit


Elle voletaient de fleurs en fleurs ,de fleurs 


 en lierre,j'avais comme le sentiment qu'elles m'accompagnaient dans ma balade 


mais aussi me narguaient en me regardant droit dans les yeux


Elles prenaient un malin plaisir à changer d'endroits choisissant des lieux où l'exposition n'était pas facile 


 histoire de me faire réviser mes bases de photographies ...


Nous avons cheminé ainsi durant plus d'un kilomètre.

Nous devrions normalement partir quelques jours en octobre comme chaque année ,la destination n'est pas encore complètement choisie nous hésitons entre les Pouilles et la Toscane ,mais je crois que ce livre trouvé en occasion chez mon libraire


 il y a peu va trancher pour nous .
Voici ce qu'en dit Antonio Natali Directeur du musée des Offices:
"...Face à une oeuvre remarquable il va vous tirer par le bras pour vous donner des informations concernant une autre oeuvre,moins connue mais beaucoup plus séduisante...
C'est là que vous comprendrez que vous n'êtes pas partie avec un compagnon de voyage savant et un peu distant,compétent mais barbant,mais avec un complice qui va partager avec vous des coups de coeur non conventionnels....Son point de vue vous stimulera beaucoup plus que ces informations aseptisées que vous trouverez d'habitude....
Il ne m'est jamais arrivé de rencontrer une telle personne.Mais j'ai trouvé un "nécessaire de voyage" qui lui ressemble beaucoup:ce livre de Damien Wigny"


Enfin un guide qui me correspond
J'ai cru comprendre  qu'il s'agissait du premier volume d'une collection qui en comprendra cinq dont la réédition et refonte   du célèbre Au coeur de Florence qui se trouve à prix d'or actuellement 

mercredi 25 avril 2012

VALVINS

Il ne faut pas croire que j'aie tourné la page Berthe Morisot.
D'autant qu'avec la belle saison qui va arriver,mais si,mais si il suffit d'un peu de patience,nous irons comme de coutume  dîner assez souvent "sur"la Seine, chez Fernand dans un charmant village nommé Samois .
Sur l'autre rive se trouve Valvins
Valvins?
C'est là que se trouvait "La maison de campagne" de Stéphane Mallarmé,et qui dit Mallarmé dit Berthe Morisot,et voila la boucle est bouclée!
Alors je suis allée y faire un saut il y a quelques jours,aujourd'hui c'est devenu le Musée Mallarmé.












L'intérieur est très difficile à photographier,peu de recul et puis je crois même que c'est interdit,j'ai tout de même pris très très discrètement quelques photos de ces aquarelles peintes par Julie Manet et représentant mesdames Mallarmé 






De cette lanterne magique








 reçue en don en 2003 ainsi que soixante dix plaques ayant appartenu à Geneviève Mallarmé la fille du poète.On peut en voir trois, de création originale,peintes lors d'un séjour à Valvins l'été 1896 par Julie Manet,rapportant une mésaventure  qui lui était arrivée dans la forêt de Fontainebleau.
Ces lanternes étaient très en vogue au XIXème ,je me suis souvenue d'une exposition très intéressante à la Cinémathèque en 2009 .
J'allais acheter la correspondance de Mallarmé et Berthe Morisot lorsqu'il m'est revenu que je possédais peut-être cet opus   dans cette collection qui hélas n'existe plus.





Un peu de son contenu juste pour le plaisir




Maintenant il me reste à continuer à constituer ma bibliothèque sur Berthe Morisot,j'attends les écrits de Monique Angoulvent et de Philippe Huisman,trouvés sur internet et puis j'écoute sans me lasser cette émission par exemple 



lundi 19 mars 2012

QUELQUES TOILES

 Alba nous  l'avait  présenté 

Berthe MORISOT «Eugène Manet à l'Ile de Wight» 

Ile de Wight
Musée Marmottan Monet fondation Annie et Denis Rouart

Le portrait de papa vu de profil et regardant par la fenêtre d'un petit cottage qui donne sur la mer,des pots de fleurs sont sur le rebord de la fenêtre,puis on voit un petit jardin,des figures se promenant au bord de la mer assez verte et devant une voile blanche  si légère sur le ciel gris;on sent toute l'atmosphère du dehors aperçu entre les rideaux et les murs d'un sombre intérieur.Ce tableau a été fait en 1875 durant le voyage en Angleterre que papa et maman ont fait après leur mariage.Il est accroché dans ma chambre et était dans celle de maman les derniers mois qu'elle vécut



Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival
Collection particulière

Sous un arbre aux grandes branches vertes,papa est assis,un carton sur les genoux,il a un grand chapeau de paille sur le tête et est vêtu de toile grise,il est extrêmement ressemblant;il regarde avec les yeux d'un père cette petite fille blonde en robe blanche très occupée à faire marcher des petits bateaux sur une pièce d'eau.




Julie au violon
Collection particulière



Je suis en robe noire avec une ceinture blanche de face,le violon est d'un raccourci admirable,sur le fond du salon blanc un peu vert de la rue Weber,au mur sont pendus,le portrait de papa par M.Degas et le portrait de maman par mon oncle Edouard.Ce tableau est plein de grâce et enveloppé par un léger ton vert ravissant




Le Corsage rouge 
Copenhague Ordrupgaard

Isabelle ( Lambert  modèle qu'affectionne l'artiste à cette période) sa figure si fraîche sortant d'un grand chapeau de paille rond,est assise au milieu d'une plate-bande de pensées et derrière elle une cage d'oiseaux,comme je vois bien maman , travaillant dans le jardin à cette belle chose ;papa aussi faisait une aquarelle d'après cela,ce tableau a été exposé aux Impressionnistes chez Petit ,il était à côté des belles baigneuses de M.Renoir et en pendant au portrait de Paule,ces deux notes rose et rouge faisaient très bien ensemble.




Le Corsage noir 
Dublin National Gallery of Ireland

Sur le fond de ce léger rhododendron,qu'elle est gracieuse cette blonde aux yeux noirs avec son tour de cou grenat et ses épaules si maigres et si fines sortant du long corsage de satin noir et ses bras qui s'enveloppent d'une fourrure   


Au bal
Musée Marmottan Monet

Un femme très brune,décolletée,une fleur d'un violet foncé et mat à son corsage de mousseline blanche,aux gants blancs très faits tient un éventail également travaillé et joli;c'est une oeuvre assez ancienne que j'aime énormément je l'ai vue  pour la première fois à l'exposition de 1892.Elle appartient à M Monop de Monchy qui a beaucoup d'autres choses également ravissantes.Elle était accrochée autrefois dans la salle à manger de l'avenue d'Eylau où je suis née et Jeannie aussi 




Autoportrait 
Musée Marmottan Monet fondation Annie et Denis Rouart 

Le portrait de maman par elle-même ,admirable esquisse dont tout le monde demande à avoir la photographie;Maman ne s'est pas embellie ,mais on voit d'après ce portrait la grande artiste qu'elle était,de face avec ses cheveux gris,du noir autour du cou et un corsage un peu jaune bordé de fleurs dont l'une est "comme une décoration" dit M.Mallarmé ce qui donne un air chevaleresque,comme le trouve M. de Régnier.Ce portrait a été fait il y a environ une dizaine d'années,maman ne l'avait pas fini,personne ne le vit,elle le roula et le laissa dans une armoire ou une chambre de débarras;son apparition à l'exposition émerveille.


Paul Valéry qui épousera Jeannie conseille l'ouvrage de Monique Angoulvent à laquelle Julie a communiqué tous les souvenirs et documents qu'elle avait conservé.
On peut en lire de larges passages ici 

dimanche 11 mars 2012

EXPOSITION ET LIVRE

Vous dire que j'ai une prédilection pour la période Impressionniste vous surprendrai-il?
Je ne le pense pas.
Vous dire que j'ai déjà vu l'exposition consacrée à Berthe Morisot vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Vous dire que certaines ici ou ailleurs vous content leurs visites d'exposition beaucoup mieux que moi vous surprendrait-il?
Je ne le pense pas.
Bon et alors?
Voila c'est ce que vous vous dites in petto.
Je retournais dans ma tête depuis que j'ai vu cette exposition comment vous en parler,imaginez près de cent cinquante tableaux lorsque hier je trouvais la solution.
J'avais il y a quelques temps en faisant des recherches sur Mallarmé lu des extraits du Journal de Julie Manet.
J'avais été charmée par le style simple de ce journal dans l'esprit de ce qu'en  écrivait Berthe Morisot à sa soeur Edma en 1884:


" C'est une heureuse idée d'écrire journellement sa pensée,rien ne forme davantage le style.Et n'entends pas par là l'habitude de bien tourner ses phrases mais de chercher à exprimer sa pensée.Il me semble même qu'on devrait être très indulgent,accepter toutes les incorrections pourvu que le sentiment fût vrai,les idées individuelles"


J'ai essayé de me le procurer j'ai cherché sur internet les prix affichés me faisant réfléchir.
Et puis samedi me rendant chez un marchand de livres d'art chez lequel je rêve souvent,espérant y trouver le catalogue de l'exposition Berthe Morisot à Lodève en 2006,que vois-je qui me tendait les bras en vitrine?



Le libraire l'avait "rentré" le matin!
Le prix étant "convenable" je ne pouvais résister.
C'est un pur bonheur,agrémenté d'illustrations



 et de photos anciennes.


Vous imaginez à quoi j'ai consacré ma soirée de samedi...
En date du 4 mars 1896 ,treize pages retracent  la rétrospective Berthe Morisot chez Durand-Ruel,organisée par Monet,Renoir ,Degas et Mallarmé.


"Nous pensons avec M. Renoir que M. Mallarmé fera une très jolie préface au catalogue,que lui,mieux que personne,pourra parler surtout de la vie de la  femme qu'était maman"


C'est à travers Julie Manet que je vais vous parler de temps en temps de cette exposition consacrée à  Berthe Morisot.
Ponctuée parfois d'anecdotes comme celle-ci:


"A la fin de la journée on se demande comment tout sera prêt pour le lendemain et on prend rendez-vous pour le matin; mais  il faut décider si on mettra le paravent avec les dessins et les aquarelles au milieu de la grande salle ou dans celle du fond.
M. Degas est le seul à vouloir que le paravent reste dans la grande salle qu'il coupe et on manque de recul pour voir les grands tableaux...et puis d'autres plus petits qui sont d'une si jolie harmonie de ton à voir de loin les uns à côté des autres.M. Degas ne veut pas entendre parler d'ensemble:"Il n'y a pas d'ensemble,dit-il ce sont les imbéciles qui voient un ensemble;qu'est ce que ça veut dire quand on met dans un journal:l'impression générale du Salon de cette année est bien meilleure que celle de la précédente?"
Vers six heures,lorsque la nuit tombe que seuls les tableaux gardent quelques rayons de lumière qui les éclaire,que tous ces portraits de jeunes filles sont de plus en plus vivants et que le paravent paraît encore plus une muraille,M.Monet demande à M.Degas de vouloir bien essayer demain matin ce fameux paravent dans  la salle du fond,mais M.Degas prétend qu'on ne verra plus les dessins qui seront dessus""Ces dessins sont superbes je les estime autant que tous ces tableaux.""Le paravent dans la salle des dessins donne un air intime à cette pièce qui est charmant"dit M.Mallarmé." Cela déroutera le public de voir les dessins au milieu de la peinture""Est-ce que je m'occupe du public?Il n'y voit rien,c'est pour moi,pour vous que nous faisons cette exposition,vous ne voulez pas apprendre au public à voir?" crie M.Degas"Eh bien si,réplique M.Monet,nous voulons essayer.Si nous faisions cette exposition uniquement pour nous,ce ne serait pas la peine d'accrocher tous ces tableaux nous pourrions les regarder simplement par terre."Pendant cette discussion M.Renoir nous dit qu'il lui faut le pouf au milieu de la salle;il est en effet agréable de pouvoir s'asseoir et regarder.M.Degas ne l'admet pas:"Je resterais treize heures de suite sur les pieds
 s'il le fallait ."Il fait nuit,tout en parlant M.Degas marche de travers,va et vient avec son grand manteau à pèlerine et son chapeau haut-de-forme,sa silhouette est très amusante;M.Monet debout parle fort,M.Mallarmé avançant une main veut arranger les choses et parle avec la douceur qui lui est habituelle.M.Renoir éreinté est échoué sur une chaise.Les hommes de Durand-Ruel rient,"Il ne lâchera pas",disent-ils..."Vous voulez me faire enlever ce paravent que j'adore"dit M.Degas en appuyant sur le dernier mot .
"Nous adorons Mme Manet reprend M.Monet,il ne s'agit pas d'un paravent mais de l'exposition de Mme Manet.Voyons dites que nous essaierons demain le paravent dans l'autre salle." "Si vous m'assurez que c'est votre opinion,que cette pièce est mieux sans." "Oui c'est mon opinion." Mais ce n'est pas fini  les discussions recommencent;tout à coup M.Degas nous tend la main à Jeannie et à moi et s'en va vers la porte;Monet le retient et ils se donnent des poignées de main;M.Mallarmé hasarde le mot de pouf,alors comme un coup de foudre M.Degas s'en va en courant dans le petit couloir,la porte se referme,il est parti,on se quitte un peu ahuri."
J'arrive à neuf heures chez Durand-Ruel,il n'y a que les hommes qui balaient les salles.Je reprends mon travail de numérotage des tableaux;puis M.Monet et M.Renoir ne tardent pas à être là "Degas ne viendra pas,dit M.Renoir,il sera là dans la journée à clouer au haut d'une échelle et dira:ne pourrait-on pas mettre une corde à la porte pour empêcher d'entrer,je le connais."En effet,pas de  M.Degas de toute la matinée.On se décide à mettre le paravent dans la salle du  fond et on accroche les aquarelles et les dessins dessus.Enfin tout est prêt et admirablement arrangé,cette exposition est une merveille.


J'espère que cela ne vous a pas semblé trop long mais je ne suis pas arrivée à me résoudre à couper ce texte.
Je voudrais tout de même avant de fermer cette longue page vous montrer un des tableaux que j'ai beaucoup aimés




La Fable
"Dans le jardin de Bougival,Pasie en bleu clair assise sur un banc,un panier à ouvrage à côté d'elle ,et devant,assise sur un pliant sur le fond de fleurs Bibi de dos avec sa tête blonde;ce tableau est une merveille,celui-là aussi était roulé et caché dans une armoire."

Julie Manet (1878-1966) fille de Berthe Morisot (1841-1895) et Eugène Manet( 1834-1892) (frère d'Edouard Manet)
Jeannie Gobillard (1877-1970),fille de Yves Morisot (la soeur de Berthe Morisot) et Théodore Gobillard.
Elle épousera Paul Valéry.
Bibi était le surnom que donnait Berthe Morisot à sa fille Julie

Julie,orpheline a 17 ans et  ses deux cousines Jeannie et Paule également orphelines vivront seules avec une cuisinière recommandée par Mallarmé (tuteur de Julie) au 40 de la rue Villejust à Paris aujourd'hui rue Paul Valéry 

jeudi 1 mars 2012

ORECCHIETTE

Je ne me lasse pas de ce livre extraordinaire  qui fait les beaux soirs de notre table.Le déjeuner ici a beaucoup moins d'importance,du reste je ne suis pas souvent  présente.
Je teste les recettes les unes après les autres au grès de mes envies,de ce qui se niche dans mes placards et dans mon réfrigérateur.
La semaine passée j'étais allée m'approvisionner dans ma Bottega préférée de la rue de Buci,du cent pour cent italien, que de bons produits,pas une de touche de français ici ,et encore moins au niveau du langage, tout tourne autour du "i" et du "o" pour se faire comprendre!!!
Là je m'y procure surtout des pâtes,mes pâtes préférées  de la région des Abbruzzes.
Les meilleurs blés durs,de l'eau des montagnes des Abbruzzes,des moules en bronze ( et non en Téflon) qui procurent aux pâtes des formes striées,une pâte un peu rugueuse mais qui absorbera bien la sauce.
Vous ajoutez une faible température de séchage qui préserve toutes les valeurs nutritives et le goût du blé lors de la cuisson et vous l'aurez compris,nous sommes dans l'artisanat.
J'avais rapporté entre autre des orecchiette ces pâtes en forme d'oreille ,que l'on trouve dans la région des Pouilles et plus particulièrement dans la vallée d'Itria.
Comme toujours j'ai un peu adapté la recette initiale!!!
Dans un sautoir je suis désolée je ne me renouvelle pas beaucoup mais j'ai mis à fondre quelques morceaux de lard de Colonnata et un oignon des Cévennes en lamelles pendant deux ou trois minutes puis j'ai versé 250 grammes d'orecchiette j'ai remué plusieurs fois afin qu'elles s'enrobent de gras






Puis j'ai versé peu à peu la valeur de une à deux louches de bouillon de volaille.Il vous en faudra en tout soixante-quinze centilitres.
J'en ai toujours dans mon congélateur,lorsque je cuisine un poulet au curry par exemple je garde la carcasse et le cou je recouvre d'eau et fais cuire cela assez longtemps,ensuite je verse ce bouillon dans des pots et hop au congélateur!
Mais vous pouvez aussi utiliser celui-ci.
On émiette une branche de romarin et on laisse cuire doucement,quand les pâtes ont absorbé le bouillon on recommence une à deux louches versées doucement dans le sautoir comme l'on ferait pour un risotto.
Au bout d'environ dix minutes j'ai ajouté des poireaux coupés en morceaux.
La recette était faite  avec des petits pois frais mais à cette saison....








On continue à mélanger,à verser du bouillon,à mélanger, à laisser absorber,inlassablement,ainsi de suite ,ici tout en égrainant notre journée respective avec le gentilhomme.
A la fin si vous en avez vous versez un peu de jus de viande.
Là aussi je garde systématiquement les jus de cuisson de poulet rôti,rôti de viande...
Je les verse dans un bol,je mets au réfrigérateur,le lendemain j'ôte et jette  la pellicule de graisse qui se sera figée à la surface,je répartis le jus solidifié dans des moules à glaçons et je congèle,par la suite je n'ai plus qu'à aller piocher dans ma réserve.


Vous remuez bien ,un tour de moulin à poivre et à table






C'est simple, savoureux pas long à préparer, pas plus d'une vingtaine de minutes .
Un plat complet pour le dîner








lundi 20 février 2012

CADEAU ANNIVERSAIRE

Ici la Saint Valentin , est un peu,même beaucoup  traitée  par le mépris,pour le mieux cela nous amuse de voir toute cette agitation autour,mais d'une façon générale nous l'ignorons.
 Je regarde cela d'assez loin,assez détachée,je prends l'air absent de la mouche au plafond,mais tout de même trouvant une certaine vulgarité parfois aux cadeaux proposés.
Le Gentilhomme quant à lui trouve cela d'une hypocrisie et d'une nullité sans bornes,donc  hors de question d'aller au restaurant ou de penser à un  cadeau!
Ceci dit, il y a belle lurette que je sais qu'il n'a pas besoin de la Saint Valentin pour me prouver son A....avec un grand A
Et Dieu sait si ces derniers mois il me l'a prouvé ,et si il m'a aidée  à tenir la tête hors de l'eau.
Mais il est des amies qui sont attachées à cette tradition ,dont une qui m'est chère et qui pour célébrer les gens qu'on aime m'a offert un livre,encore un  pour lequel je vous conseille de faire une petite place dans votre cuisine





Mes bocaux à peine rangés je le dévorais des yeux.
Il est extrêmement bien fait.
Les recettes n'y sont pas classées par saison mais par légume et par ordre alphabétique.
C'est un peu un ABC des légumes ,détaillant aussi leurs origines,qualités et usages traditionnels.


J'ai testé une première recette celle des flans de brocoli.
Frère Victor conseille de faire cuire trois bouquets moyens de brocoli environ vingt minutes dans l'eau bouillante.
Ma désobéissance commence alors, je les ai faits cuire à la vapeur!
Une fois bien égouttés on les réduit en purée.
Ma désobéissance continue lorsqu'il s'agit de faire une béchamel.
Frère Victor la fait de façon traditionnelle en faisant fondre deux cuillères à soupe de beurre.
Je ne procède plus ainsi depuis longtemps craignant de faire brûler le beurre ce qui n'est pas très bon pour la santé.
J'ai utilisé de l'huile d'olive à laquelle j'ai ajouté comme indiqué quatre cuillères à café de fécule de maïs.
Une bonne pluie de muscade râpée,évitez de faire la même bêtise que moi de laisser tomber la noix dans l'huile!!!!
Puis j'ai délayé avec un demi litre de lait et j'ai porté à ébullition en remuant régulièrement.
Une sauce blanche à ma façon en fait.
Après avoir ajouté quatre oeufs à la purée de brocolis j'ai versé la sauce et bien remué le tout.
Sel poivre à votre convenance.





On verse ce mélange dans des ramequins et on fait cuire au bain marie thermostat 180° pendant trente minutes.
C'est délicieux,je les ai servis au dîner avec une salade verte




Mon petit conseil :si  vous en aimez le goût n'hésitez pas à user et abuser  de la noix de muscade.
La prochaine fois je monterai les blancs en neige je pense que cette préparation peut accepter cette diversion ou troisième désobéissance

C'était pour fêter les  trois ans de ces pages .
Je sais ,avec un jour d'avance
 Mais ici c'est ainsi ne me demandez pas pourquoi on fête les anniversaires la veille!


Ma musique du moment


mercredi 8 février 2012

EN CUISINE

Elle m' avait parlé d'un délicieux riso au potiron,  dont elle avait relevé la recette  dans ce livre chez une amie.


Beaucoup de fruits et de légumes crus et cuits,des céréales complètes de préférence ,peu de viande,des poissons et le tout cuisiné à l'huile d'olive .C'est la base de ma cuisine et des recettes de ce livre




Il se trouve que nos fils pour célébrer ce jour qui par excellence  vous rappelle le temps qui passe me l'ont offert!
Qu'ai-je fait?
Je me suis empressée de trouver cette recette et de me mettre aux fourneaux.
Chose rare,j'ai suivi la recette à la lettre j'y ai juste apporté deux grains de sel,j'ai remplacé le potiron par nos courgettes de Nice devenues courges ,j'ai employé comme lard celui de Colonnata.


Il faudra mettre dans un plat allant au four une généreuse tranche de potiron coupée en morceaux d'un centimètre,accompagnée de quatre gousses d'ail écrasées mais non pelées,quatre cuillères à soupe d'une bonne huile d'olive et une tranche de lard d'un demi centimètre d'épaisseur détaillée en lardons,un peu de sel.
On mélangera bien et mettra au four préchauffé à 180° pour vingt cinq minutes.
On ajoutera  alors 250 grammes de riz dont on prendra le soin de mesurer le volume,ici,de ce riz délicieux


sans bons produits tu ne fais pas de la bonne cuisine


cultivé dans le delta de l'Ebre .On remettra pour deux minutes au four,puis on versera une fois et demi son volume d'eau froide.






On enfournera de nouveau pour vingt minutes en surveillant la cuisson.
On n'hésitera pas à ajouter un peu d'eau si l'on voit que le riz sèche trop rapidement.
C'est une chose que je n'ai pas eu besoin de faire j'avais utilisé un plat un peu haut en grès émaillé et la position chaleur tournante de mon four.
Pendant ces vingt minutes on toastera deux cuillerées à bouche de pépins de courge,dans une poêle,puis on les concassera au robot et on les ajoutera a deux autres cuillerées à bouche de parmesan râpé.
Une fois les vingt minutes écoulées on répartira le mélange parmesan pépins de courge sur le dessus du riso et on glissera de nouveau au four pour  quelques minutes le temps de faire gratiner.
C'est un RÉGAL!

Je l'ai servi avec une raie cuite au four vapeur juste relevée d'un filet d'huile d'olive et de fleur de sel.
Le riso a sagement attendu durant la cuisson de la raie,posé sur le coin du poêle à bois de la cuisine, recouvert d'une assiette .
Essayez  ,vous serez conquis(es)




  


Enfin je l'ai réussi .
Mon levain.Jusqu'à maintenant j'utilisais du levain déshydraté  pour la fabrication de notre pain,mais je voulais "me perfectionner"
Je l'appelle Gaston et je lui ai offert une plante,pour lui souhaiter la bienvenue.
J'ai beaucoup tâtonné ensuite pour la confection du pain,la pâte était soit trop molle soit trop dure mais enfin je crois que j'ai compris quelle consistance elle doit avoir,car on n'y pense pas forcément mais le levain n'est jamais égal.





Voila la "cuvée" des confitures d'agrumes de cette année.
Trois inventions différentes : orange douce et orange amère avec mandarine,puis pamplemousse rose,citron et orange amère,et enfin pamplemousse rose,citron,bergamote et mandarine.
Une trentaine de pots à savourer,offrir.....





La cuisine c'est une histoire d'amour ,il faut tomber amoureux des produits


Toutes les phrases en italiques sont des propos d'Alain Ducasse


Pour continuer avec Alain Ducasse


Je communiquerai avec plaisir à celles  et ceux qui le désirent"les secrets de fabrication" des dernières confitures!!!

mercredi 2 mars 2011

SURPRENANT

Je viens de le terminer.




J'ai accroché dès les premières pages .
J'avais découvert cette auteure grâce à  son avant-dernier livre La grand-mère de Jade que j'avais beaucoup aimé et que j'ai offert maintes fois .
Je ne sais pourquoi je n'avais fait de billet à son sujet mais je me souviens très bien du sien.
Du reste comme elle, en suivant, j'ai lu La vie d'une autre, adapté au cinéma dont le tournage commencera début avril puis peu à peu  toutes ses oeuvres.
Je me laissais doucement bercer et emporter par les pages lorsque un nom  vint me frapper:Gramat,puis Notre- Dame du Calvaire.
Et alors? allez vous me dire
Je comprends que cela ne vous dise pas grand chose.
Mais lorsque vous avez grandi à quelques kilomètres de cette ville,Gramat,lorsque vous la traversiez systématiquement pour aller rendre visite à vos grands-parents,lorsque une personne qui a beaucoup compté dans votre vie y a vécu,lire dans un roman son nom , petite ville de 3705 habitants vous sursautez.
Tout le monde connait Rocamadour qui se trouve tout près de là mais Gramat ....
J'y étais encore la semaine passée c'est dans sa coopérative que j'achète ce dont j'ai rempli mes bocaux.
Hier au soir arrivant  presque au terme de ce livre que je ne saurais que vous conseiller,je ne sais ce qui m'est passé par la tête mais je me suis dit qu'il fallait que j'essaie d'en savoir davantage,que j'essaie de savoir ce qui avait amené cette auteure  à parler de Gramat.
J'ai fureté  et j'ai trouvé ceci.
J'ai repéré l'onglet contact  et je me suis dit que je ne risquais pas grand chose ,au pire pas de réponse j'ai osé  écrire  très simplement ce qui suit:


Originaire du Lot et ayant une maison de vacances ,tout proche de Gramat (L...) je m'interroge sur ce qui vous a amenée à choisir le carmel de Gramat.
Si vous aviez la gentillesse d'éclairer ma lanterne!!!!
Quant au Cap-Ferret c'est une grande partie de ma jeunesse

Je vous ai découverte avec  La Grand-Mère de Jade et depuis j'ai lu tous vos écrits
Bravo
Ce matin j'avais l'immense joie de découvrir dans mes courriels une réponse.
Nous avons échangé plusieurs fois ,les  échanges que nous avons eus étaient confiants,,passionnants, drôles,nous avons évoqué des souvenirs communs,entre autre celui  du délicieux pain que nous achetions chez le même boulanger!! 
Oui oui....
vous allez comprendre pourquoi car avec son autorisation je vous livre sa réponse:


 Je pourrais dire que je n'ai pas choisi et que tout s'est fait par hasard mais le hasard est un drôle de loustic. Pendant un mois, j'ai cherché une mission en Amazonie, pas nécessairement catholique... Je voulais quelque chose qui ait existé... Mais je ne trouvais pas, et surtout, je me demandais pourquoi j'avait tant besoin de quelque chose de vrai. Généralement, c'est l'inverse: mon métier de journaliste me pousse vers l'enquête, et l'activité d'écrire m'en éloigne; Je n'ai par exemple jamais cherché à savoir si l'amnésie de Marie dans La vie d'une autre était médicalement possible. On s'en moque, elle est vraisemblable m'avait dit mon éditeur... Mais j'ai su néanmoins plus tard que c'était possible... A condition que la période disparue ait du sens pour la personne qui l'oublie. Ce qui par hasard était le cas ! Ah ce hasard !
 J'aurais donc pu inventer une mission et personne ne m'aurait rien reproché, puisque nous sommes dans un roman... Mais j'ai tenu bon avec une sorte d'impulsion forte qui ne me lâchait pas. Et je suis enfin tombée sur la mission de Guajara Mirim... Une manne pour un romancier, puisqu'il y avait cet éloignement du monde, ce train de la mort et tout ce qui fait le charme aventurier de cette vraie mission. 
Quand je suis partie au Brésil, quelques temps plus tard et très loin de l'Amazonie, puisque je résidais à 4000kms de Guajara Mirim, j'ai écrit le journal de la nonne, d'une traite et dans un même souffle. Et puis j'en ai profité pour téléphoner à l'actuel évêque de la mission qui m'a confirmé que les jeunes soeurs, les premières qui étaient venues là en 1935 venaient de ce couvent de Gramat... C'est à dire à trois kilomètres de là où sont enterrés mes arrières grands parents maternels.. J'étais médusée de la coïncidence. Toute ma famille est du sud ouest et ça va de la Charente au Lot en passant par Bordeaux... Bref  j'ai décidé d'aller voir ce couvent et recommandée par l'évêque, j'ai débarqué à Gramat en septembre.
La soeur brésilienne qui est en charge de la documentation m'a confié les vrais journaux des soeurs parties en 1935, ainsi que des lettres en portugais à consulter sur place. J'étais très émue. J'ai logé au couvent pendant trois jours dévorant avec avidité les documents dont elle disposait. Et j'ai lu dans ces journaux 80 % de ce que je venais d'écrire. Evidemment pas l'histoire d'amour, mais la candeur, le style, les paysages traversés... Seul manquait dans mon roman un sentiment plus fort à l'égard des autres soeurs, qui s'ajoutait au mal du pays que j'avais traité, cette appartenance à la famille du couvent... que j'ai ensuite rajoutée.
Voilà comment les magies de l'écriture nous entraînent sur des chemins merveilleux où l'on peut aller à la rencontre des personnes.. Ce que d'autres appellent des personnages mais qui nous utilisent comme des lieux où donner naissance à des vies non vécues... L'écrivain italien Erri de Luca dit qu'"écrire c'est être un lieu, pour que les autres nous traversent".. Je ressens la même chose. 
Mais la réponse à votre question de ce non choix, la raison de ce qui s'est imposé à moi, je ne la connais pas vraiment.. Quel sens pouvais-je attribuer au fait  de me retrouver dans le sud ouest à cet endroit là. Je n'en sais rien... Parfois j'y pense.

Je  crois que tout est dit que rajouter si ce n'est lisez ce livre vous ne le regretterez pas 
L'avis   d'Aifelle  et celui de Véronique  deux habituées de ces pages qui ne démentent pas mon enthousiasme.


samedi 6 mars 2010

DANS MA PEAU


Il est de ceux qui se lisent d'un trait et que l'on n'oublie pas,de ceux que l'on conseille,dont on parle,avec émotion,des frissons sur les bras,et quelques larmes dans les yeux.Qui vous suivent quelques jours sa lecture terminée.
Oui je l'avoue il m'a tiré quelques larmes,et pourtant ,vous me connaissez.....
Quelques larmes notamment à la lecture des lignes sobres à travers lesquelles il s'adresse à ses enfants .

Guillaume de Fonclare,comme j'ai pu le lire par-ci par-là,un nom un peu chevaleresque,moyenâgeux.
Il est l'auteur de ce livre,qui n'est pas un récit chevaleresque mais le récit plus qu'émouvant ,
mais plein de retenue où se mêlent des épisodes de sa vie, gagné par cette maladie dont il est atteint, maladie orpheline,qui le fait atrocement souffrir et de son activité de directeur de l'Historial de le Grande Guerre qu'il va être obligé d'abandonner ,à cause de cette maladie

Merci Monsieur de Fonclare de votre récit,de votre témoignage,qui nous fait toucher du doigt que bien souvent on se plaint pour pas grand chose et qui remet les choses à leur juste place.

Hier la douleur a été si vive qu'il m'a fallu abandonner l'Historial et me faire ramener chez moi;il m'a fallu abandonner mon poste.....Est-ce la première des crises qui me conduiront inéluctablement à l'invalidité?
Jusqu'alors je pensais que l'arrêt serait brutal qu'il y aurait un dernier jour,et que je quitterais mon bureau ,l'Historial et le monde du travail avec le sentiment de quelque chose d'accompli.Je n'en suis plus si sûr à présent.La vision romantique du chef blessé guidant ses troupes jusqu'à la limite de ses forces s'est muée en celle d'un homme faisant ce qu'il peut pour continuer de vivre ,dans la décence et le respect des autres et de lui-même.

Merci Monsieur de Fonclare de m'avoir fait comprendre pourquoi mon grand-père engagé volontaire à l'âge de dix-sept dans cette Grande Guerre ,grièvement blessé ne voulait jamais en parler

Tous ceux dont les livres d'histoire ne disent rien,dont les récits familiaux ne traduisent que les silences ou les étranges obsessions,sommets émergés d'icebergs de terreurs et de douleurs.Ils n'ont jamais eu la parole;ils se sont tus parce qu'ils pensaient être les moins mal lotis et que leur souffrances invisibles ne valaient pas en intensité celles défigurant le compagnon d'armes......des hommes qui ne pleuraient pas,qui ne se plaignaient pas ,qui ne déballaient pas leur mal-être.....Ce que je dévoile aujourd'hui ils l'ont gardé scellé au fond de leur coeur.La brûlure n'en est pas moins mordante

Merci Aifelle pour cette découverte
Vous l'aurez compris je cous conseille vivement de passer quelques heures avec ce récit et cet auteur qui tout à son honneur ne vous amènera pas dans le pathos


samedi 16 janvier 2010

JETEZ Y UN OEIL



Un titre et une couverture on ne plus mièvres,et encore je suis aimable.
Ce n'eut été cet éditeur je n'aurais même pas jeté un oeil sur la quatrième de couverture.
Et cela aurait été fort dommage.
Je serais passée à côté d'une bonne biographie,romancée,mais bonne tout de même.
Frank Lloyd Wright et Mamah Bortwik Cheney en sont les personnages principaux,leur liaison fit scandale aux Etats Unis au début du siècle dernier.
Je ne m'éterniserai pas sur le livre lui-même vous pourrez ici ou là en apprendre davantage à son sujet.
Je dirai simplement que ce livre vivant et simple m'a beaucoup plu,un beau portrait de femme,une belle histoire d'amour,eh oui encore une,un brin de philosophie,un peu d'analyse sociale,et surtout pas mal d'architecture,tout cela en fait,malgré une fin tragique un livre fort agréable et facile à lire.
Il m'a permis de découvrir cet architecte Frank Lloyd Wright,je l'avoue que je ne connaissais pas.


Il est né en 1867 et décédé en 1959.
Une carrière d'environ 70 ans près de 800 projets dont la moitié réalisés.
Il est le père de l'architecture organique selon laquelle il établit un rapport dialectique entre la forme et la fonction en prenant modèle sur la nature.
Les maisons de la prairie,sont également son oeuvre:pavillons au plan horizontal,étirés en "ailes de moulin"de façon à arriver à une intégration optimale du bâti au paysage.
Je vous l'ai dit je ne connaissais pas FLW je ne vais donc pas recopier ce que j'ai trouvé par-ci, par-là.
Vous êtes certainement moins incultes que moi,et connaissiez FLW,cet architecte fantasque et novateur au plus proche de la nature ainsi que tous ces livres qui lui sont consacrés.
Même si ce n'est pas ce que je préfère,le siège des laboratoires Johnson à Racine,uniquement éclairé par la lumière naturelle qui entre et se diffuse à travers un écran de tubes de verre,ainsi que le musée Guggenheim de New- York,"sorte d'escargot"sont son oeuvre.


lundi 23 novembre 2009

LIVRE -VOYAGEUR



C'est lors d'une hospitalisation durant l'été 2003 que Octavie Delgodère apprend le décès de Tancrède Préfailles qui fut son mari et on l'apprendra plus tard qu'elle a follement aimé.
On va alors remonter le temps avec elle.
Jeune agrégée de lettres classiques,elle est nommée au lycée Fromentin d'Alger,ville aux ciels très bleus,superbes maisons mauresques blanches aux balcons fleuris,odeurs d'eucalyptus.Dans cette ville elle fait la connaissance du commandant Tancrède Préfailles,homme cultivé,ancien résistant,déporté à Buchenwald,Saint Cyr,l'Indochine,l'Agérie où il a le rôle de maintenir l'Algérie Française,même si on ne le sent pas très convaincu.
Elle l'épousera et le quittera.
Ce n'est pas un livre sur la guerre d'Algérie, Octavie du reste y restera un peu étrangère,c'est un roman sur un amour perdu avec la guerre d'Algérie en toile de fond.
Une couverture sépia,une écriture élégante, très classique ponctuée de références littéraires et historiques, un rythme lent,mélange du présent et du passé,des prénoms anciens et rares qui collent à merveille à ces êtres peu communs, de la mélancolie, de la délicatesse,de la retenue et au final deux coeurs brisés

"Octavie me dit-il,nous sommes tous les deux ce que l'on appelait en 45,des personnes déplacées,vous dans le temps,moi dans l'espace
-Pourquoi moi dans le temps?
-je ne sais trop vous avez l'air d'être attachée à quelque chose de lointain,ou qui n'a jamais eu lieu. ( page 91 )


Je murmurai timidement:"Il faudrait une distribution des terres!
-Tu veux dire,dit Tancrède,une restitution,ces gens ont été spoliés,il y a longtemps,mais le temps ne fait rien à l'affaire.Oui ce serait la seule solution,nous pourrions la réaliser si on nous en donnait les moyens,oui,Octavie,ce serait la seule chose à faire, mais c'est trop tard
-Pourquoi dis-tu que c'est trop tard?
-Rappelle-toi la conjuration de Catilina,il voulait vendre aux paysans romains les terres qu'ils avaient dû vendre pour presque rien.Ils arrivaient à Rome pour former un prolétariat urbain misérable.Et tu sais comment tout s'est terminé pour lui,comme pour tous les intellectuels russes qui voulaient aller au peuple,les moujiks les dénonçaient à la police.
-Oui, Tancrède, et pourtant ces hommes -là étaient vraiment purs
-Tu as oublié le dicton:"Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure." (pages 201/202)

Ce livre a été peu médiatisé, aussi j'en fais un un livre- voyageur.
Si vous souhaitez le lire envoyez-moi votre adresse par mail